En bref : en Suisse, une consultante a droit à l’allocation de maternité aux mêmes conditions qu’une salariée : 80 % du revenu moyen, plafonné à CHF 220 par jour, pendant 14 semaines (source : ahv-iv.ch, mémento 6.02, 2026). Les vraies différences se jouent autour : base de calcul, protection contre le licenciement et couverture en cas d’arrêt avant l’accouchement. Le portage salarial vous place dans le cadre d’une salariée pour toute cette période.
L’allocation de maternité (APG maternité) est une allocation perte de gain versée par votre caisse de compensation AVS après la naissance. Contrairement à une idée répandue, elle existe aussi bien pour les consultantes que pour les salariées — mais son montant réel dépend fortement de votre situation.
Note : cet article informe de manière générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil individuel. Les montants et durées indiqués sont valables en 2026 et doivent être confirmés auprès de votre caisse de compensation.
Une consultante a-t-elle droit à l’allocation de maternité en Suisse ?
Oui. Le droit à l’allocation de maternité s’applique aux consultantes comme aux salariées (source : ahv-iv.ch, mémento 6.02, 2026). La condition préalable, souvent sous-estimée, est d’avoir un statut de consultantes réellement reconnu par la caisse de compensation.
Ce point rejoint le risque de requalification : si votre activité est jugée dépendante d’un seul mandant, votre statut peut être remis en question — et avec lui, la base de votre allocation. Une consultante employée en portage salarial n’a pas ce problème, puisqu’elle est salariée dès le départ.
Quelles sont les conditions pour toucher l’allocation de maternité ?
Les conditions sont identiques quel que soit votre statut. Vous devez remplir les trois critères suivants (source : ahv-iv.ch, mémento 6.02, 2026) :
- avoir été assurée à l’AVS obligatoire pendant les 9 mois précédant l’accouchement ;
- avoir exercé une activité lucrative pendant au moins 5 mois durant cette période ;
- être salariée, consultante ou collaboratrice de l’entreprise du conjoint au moment de l’accouchement.
L’allocation dure 14 semaines (98 jours) dès le jour de la naissance. Elle prend fin plus tôt si vous reprenez le travail, même partiellement. En cas d’hospitalisation prolongée du nouveau-né (plus de 14 jours), elle peut être prolongée jusqu’à 56 jours (source : ahv-iv.ch, 2026).
Comment est calculée l’allocation, et pourquoi votre revenu AVS déclaré est décisif ?
L’allocation correspond à 80 % du revenu moyen réalisé avant l’accouchement, plafonné à CHF 220 par jour — soit un revenu mensuel de CHF 8 250, ou CHF 99 000 par an (source : ahv-iv.ch, 2026). Au-delà de ce revenu, le plafond fédéral s’applique.
Pour une consultante, la base de calcul est le revenu sur lequel la caisse a prélevé vos cotisations AVS. C’est le piège le plus fréquent : si vous payez des cotisations provisoires sur un revenu volontairement bas, votre allocation sera calculée sur ce revenu bas. Pour comprendre le lien entre revenu, cotisations et net, voyez comment calculer son salaire net en Suisse.
Exemple illustratif : Camille, consultante IT à Genève
Camille facture environ CHF 220 de l’heure, soit un revenu de l’ordre de CHF 12 000 par mois (cet exemple est fictif et sert uniquement à illustrer le mécanisme).
- En indépendante, avec des cotisations provisoires sur CHF 60 000/an : sa base est basse. 80 % de CHF 60 000 ÷ 360 ≈ CHF 133 par jour, soit environ CHF 13 000 sur 98 jours.
- En indépendante, avec son revenu réel déclaré : sa base est élevée, mais l’allocation reste plafonnée à CHF 220 par jour, soit CHF 21 560 sur 98 jours.
- En portage salarial à Genève, sur un salaire AVS de CHF 12 000/mois : au plafond fédéral de CHF 220 s’ajoute le complément cantonal genevois, jusqu’à CHF 329.60 par jour, sur 16 semaines — soit de l’ordre de CHF 36 900 (source : caisse de compensation de Genève / CIAM, 2026).
À retenir : à revenu AVS déclaré égal et dans le même canton, l’allocation fédérale est la même pour une consultante que pour une salariée. L’écart tient surtout à une base de revenu déclarée trop faible — ainsi qu’aux protections qui entourent le congé.
Indépendante ou salariée en portage salarial : qu’est-ce qui change vraiment ?
L’allocation elle-même est comparable ; ce sont les garanties autour qui diffèrent. Le tableau résume l’essentiel.
| Critère | Indépendante | Salariée (employeur classique) | Portage salarial / payrolling |
|---|---|---|---|
| Droit à l’allocation de maternité | Oui, si statut AVS d’indépendante reconnu | Oui | Oui, en tant que salariée du prestataire |
| Base de calcul de l’allocation | Revenu AVS déclaré (risque si cotisations provisoires trop basses) | Salaire AVS | Salaire AVS convenu chez le prestataire |
| Protection contre le licenciement (CO art. 336c) | Ne s’applique pas (pas d’employeur) | Oui : grossesse + 16 semaines après l’accouchement | Oui, comme salariée ; selon la forme du contrat |
| Arrêt avant l’accouchement (APGM / IJM) | Seulement avec une assurance privée | Selon l’assurance de l’employeur / CO art. 324a | Couvert par l’assurance perte de gain maladie du prestataire |
| Prévoyance professionnelle (LPP) | Facultative | Maintenue | Maintenue |
| Démarches auprès de la caisse de compensation | À faire soi-même, directement | Via l’employeur | Gérées par le prestataire |
| Liberté de choisir ses mandats après le retour | Totale | Selon l’employeur | Élevée : vous choisissez vos mandats |
Concrètement, le portage salarial en Suisse vous donne le cadre d’une salariée pour cette période : Diligo reste votre employeur, verse l’allocation via la caisse de compensation, maintient les assurances sociales et la LPP, et vous couvre en cas de complications avant la naissance. La continuité exacte dépend toutefois de la forme de votre contrat, que nous définissons avec vous avant le début du mandat : un contrat de durée déterminée prend fin à son terme, et la reprise d’un mandat après la pause dépend du client.
Et si la grossesse entraîne un arrêt de travail avant l’accouchement ?
C’est un point crucial et mal connu. L’allocation de maternité ne commence qu’à la naissance : un arrêt de travail avant l’accouchement, pour complications, n’est donc pas couvert par elle et ne réduit pas non plus vos 14 semaines (source : ahv-iv.ch, 2026).
Un arrêt lié à la grossesse est traité comme une maladie (empêchement non fautif de travailler). Pour une salariée, il est pris en charge par l’assurance perte de gain maladie de l’employeur (APGM / IJM) ou, à défaut, par l’employeur selon l’art. 324a CO. Une indépendante n’est couverte que si elle a souscrit une assurance IJM privée — souvent assortie de délais d’attente ou de réserves liées à la grossesse. En portage salarial, cette couverture est assurée par le prestataire.
Genève : que prévoit l’assurance maternité cantonale ?
Genève va au-delà du minimum fédéral. L’assurance maternité cantonale ajoute 2 semaines, portant le congé indemnisé à 16 semaines, et relève le plafond journalier jusqu’à CHF 329.60 pour les revenus supérieurs au plafond fédéral (jusqu’à CHF 148 200 par an) (source : caisse de compensation de Genève / CIAM, 2026).
Cette prestation cantonale s’applique aux personnes qui travaillent à Genève et y sont assujetties à l’AVS. D’autres cantons peuvent prévoir des compléments ; à vérifier selon votre canton de rattachement.
Consultante frontalière : quelles règles s’appliquent ?
Pour une frontalière domiciliée en France et travaillant en Suisse, c’est en principe le pays d’emploi — la Suisse — qui verse l’allocation de maternité lorsque la personne est assujettie à l’AVS suisse, en vertu de la coordination européenne des assurances sociales. L’assurance maladie relève, elle, du droit d’option (LAMal ou système français).
Les situations transfrontalières étant sensibles, faites confirmer votre cas précis auprès de votre caisse et, au besoin, voyez le payrolling pour frontaliers. La France applique ses propres règles (congé plus long, indemnités CPAM), qui ne s’appliquent pas au calcul de l’allocation suisse.
Reprendre après la maternité : temps partiel et nouveaux mandats
Après le congé, beaucoup de consultantes réduisent leur taux d’activité avant de revenir à plein régime. Attention : reprendre une activité, même partielle, pendant les 14 semaines met fin au droit à l’allocation restante.
Une fois le congé terminé, le portage salarial facilite une reprise souple, mandat par mandat et au taux souhaité. Voyez à ce sujet comment reprendre à temps partiel en Suisse. À noter enfin que l’autre parent a droit à 2 semaines de congé (14 indemnités journalières, à 80 %, plafonnées à CHF 220 par jour), à prendre dans les 6 mois suivant la naissance (source : ahv-iv.ch, 2026).
Conclusion
L’allocation de maternité est un droit pour les consultantes comme pour les salariées. Ce qui fait la différence, c’est la solidité de votre base de calcul et les protections autour du congé — licenciement, arrêt avant la naissance, prévoyance. Le portage salarial réunit ces garanties sans vous obliger à créer une société. Demandez une simulation ou réservez un appel pour votre situation.
Questions fréquentes
Combien touche une consultante indépendante pendant son congé maternité en Suisse ?
80 % de son revenu moyen, plafonné à CHF 220 par jour pendant 14 semaines (source : ahv-iv.ch, 2026). Pour une indépendante, le montant dépend du revenu sur lequel elle a payé ses cotisations AVS : une base déclarée basse donne une allocation basse. À Genève, un complément cantonal peut relever le plafond jusqu’à CHF 329.60 par jour.
Combien de temps faut-il avoir cotisé à l’AVS pour avoir droit à l’allocation ?
Il faut avoir été assurée à l’AVS obligatoire pendant les 9 mois précédant l’accouchement et avoir exercé une activité lucrative durant au moins 5 mois sur cette période. Il faut aussi être salariée ou indépendante au moment de la naissance.
Mon mandat peut-il être résilié pendant ma grossesse ?
Une salariée est protégée : l’art. 336c CO interdit le licenciement pendant la grossesse et les 16 semaines suivant l’accouchement, sous peine de nullité. Une indépendante n’a pas cette protection. En portage salarial, vous en bénéficiez comme salariée, mais un contrat de durée déterminée prend fin à son terme.
Qui paie si je suis en arrêt maladie avant l’accouchement ?
Pas l’allocation de maternité, qui ne commence qu’à la naissance. Un arrêt avant l’accouchement est traité comme une maladie : il est couvert par l’assurance perte de gain maladie (IJM) de l’employeur, ou par l’employeur selon l’art. 324a CO. Une indépendante n’est couverte qu’avec une assurance IJM privée.
Le congé maternité est-il plus long à Genève ?
Oui. Genève ajoute 2 semaines au congé fédéral, soit 16 semaines indemnisées, et relève le plafond journalier jusqu’à CHF 329.60 pour les hauts revenus (source : caisse de compensation de Genève / CIAM, 2026). La prestation s’applique aux personnes travaillant à Genève et assujetties à l’AVS.
Je suis frontalière : quel pays verse mon allocation ?
En principe, la Suisse en tant que pays d’emploi, lorsque vous êtes assujettie à l’AVS suisse. L’assurance maladie dépend du droit d’option. Les situations transfrontalières devant être confirmées au cas par cas, vérifiez auprès de votre caisse de compensation.
Puis-je reprendre des mandats à temps partiel après le congé ?
Oui, une fois le congé terminé. Attention toutefois : reprendre une activité, même partielle, pendant les 14 semaines met fin au droit à l’allocation restante. Le portage salarial permet ensuite une reprise souple, mandat par mandat.